France 2 et la vision utopique du crowdfunding !

Jeudi soir dernier, France 2 diffusait, lors de l’émission Envoyé Spécial, un reportage sur le financement participatif.  Cette « nouvelle » méthode qui permet aux porteurs de projets de financer leurs projets via les internautes en proposant son initiative sur un site internet.

Ce jour-là, les demandes ont explosé, les records de visites ont été battus, les collectes se sont accrues et nous en retenons beaucoup de positif.

Pourtant, nous n’avons jamais autant refusé de projets…

Pourquoi ? France 2 vous a fait rêver.

 

Nous allons donc remettre les choses à plat sur ce qu’est une plateforme de crowdfunding comme Octopousse.

1. Les plateformes de crowdfunding ne collectent pas les fonds pour vous :

En clair, pour réussir une collecte, il faut communiquer. Rien n’est laissé au hasard. Il va falloir faire connaître son projet, convaincre les internautes de vous soutenir, communiquer sur les réseaux sociaux, travailler sa collecte, s’engager. Il n’y a pas de secrets.

Pour réussir une collecte, il faut toucher trois cercles de financements :

Il n’y a que si vous y allez étapes par étapes que vous pourrez atteindre les inconnus et non le contraire. D’abord la famille et les amis, qui en vous soutenant et en parlant de votre collecte entraineront leurs amis, qui, de fil en aiguille entraineront des inconnus.

Sur Octopousse, 19 % des projets recoivent moins de 5 soutiens financiers. Ils ne seront jamais mis en ligne. Pourquoi ? L’attente des porteurs de projet est trop grande quant à la plateforme qu’ils utilisent.

Bien sûr qu’il y a des internautes qui financent spontanément des projets, ils sont même nombreux. Cependant, la majorité de votre jauge se remplira grâce à votre travail.

2. Les internautes ne donnent pas :

Non, non, non, ce n’est pas du don ! Ou alors votre projet a une valeur humanitaire ou sociale et vous pouvez ainsi proposer des contreparties symboliques.

En échange d’un soutien, les porteurs de projet offrent quelque chose. Si c’est trop symbolique, ils pourront toujours attendre l’élan de générosité des internautes, mais il y a peu de probabilités pour que cela arrive.

Oui, les internautes sont présents, généreux, mais non, ils ne financent pas un projet s’ils n’ont pas d’intérêt à le faire ou si la contrepartie leur coûte les yeux de la tête (comme par exemple, une newsletter à 100 €) !

Même si cet intérêt n’est que symbolique, social ou autour de la rencontre, la place de la contrepartie est extrêmement importante.

3. Les plateformes sélectionnent les projets :

Octopousse n’acceptera pas votre projet de nouvelle décoration de votre maison, votre nouvel achat de voiture ou un projet d’entreprise qui n’est ni innovante, ni sociale, ni créative ou solidaire. Chaque plateforme a sa spécificité, et pour cela, il faut consulter les sites, lire les informations qui sont à votre disposition !

Les projets ne doivent pas être personnels.

Et surtout, vos projets doivent être travaillés. C’est sûr que si l’on peut croire que le projet se financera tout seul, on fait moins d’efforts. Mais ce n’est pas le cas, il faut donc toujours penser à une présentation béton de votre projet comme ceci :

  • J’écris une lettre de motivation pour convaincre les internautes.
  • Je raconte une belle histoire, celle de mon projet.
  • J’explique pourquoi cette histoire devrait être celle des autres.

De nombreuses informations sont disponibles sur le site, notamment sur les clefs de réussite d’une bonne collecte, n’hésitez pas à les consulter.

Pour que la poulpulsion fonctionne et que vos rêves deviennent réalité, il vaut mieux avoir les pieds sur Terre !

 

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10 réponses à France 2 et la vision utopique du crowdfunding !

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  2. Alloprod dit :

    Article très intéressant, une mise au point nécessaire et un rappel sur les règles de fonctionnement du financement participatif. Bravo.

  3. stefang7 dit :

    La majorité de personne pense que leur projet est tellement originale qu il suffit de mettre une annonce et attendre. Effectivement, c est loin d être aussi simple. Il faut trouver les points faibles et les combler.

    Par contre je suis pas tout à fait d accord avec le schéma des trois cercles de financement. Je serais plutôt d avis de réaliser un bon site web avec de bon mot clef. Et utiliser des compagnes publicitaires adsense et Facebook, pour cibler les internautes et les convaincres (et convaincres leurs réseau d amis).

    Car si je prends mon expérience personnel. Je suis en de réaliser un dossier solide pour un fab lab sur Angers avec une unité de recherche médicale avec des Playstation 3 disposés en cluster.
    Et bien quand j en parle à mon entourage et amis, j ai l impression qu ils me prennent pour un illuminé…. donc ils ne seraient pas enclins à aider pour le financement de mon projet.

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  8. PhiKa dit :

    D’accord avec Stefang !

    Il semble un peu trop évident de faire le tour de ses proches et de sa famille pour récolter une adhésion au projet.

    Si c’était si simple, pourquoi passer par un site de CrowdFunding.

    Demander l’adhésion de son cercle proche c’est un peu comme se balader avec un flingue dans la main, les gens ont du mal à refuser ou se refuse tout simplement.

    Ayant lancé des projets sur d’autres plateforme de ce type, qui se sont soldé par des échecs patents, le problème est toujours le même, le réseau !

    Et j’ai parfois du mal à comprendre l’insistance avec laquelle on m’explique que le plus important, c’est MON réseau. J’utilise un site de CrowdFunding, donc le réseau, c’est ce site.
    J’ai contribué à des projets sur un fameux site américain et un site précurseur en France. Mais parce que je connaissais le site, pas les projets. J’ai découvert des projets auxquels j’ai adhéré par la suite.

    J’ai monté une renderfarm spécialisée sur un logiciel 3D. Je n’irai pas en parler à mes grands-parents en espérant leur capter quelques subsides. C’est malhonnête, il ne comprenne pas le projet et son utilité.
    En revanche, si je leur demande des sous pour m’aider dans un projet, ils accèderont facilement à ma demande…
    Et si j’avais simplement posté mon projet sur un site genre Octopousse, il aurait fallu que je trouve 5 proches personnes intéressées pour que mon projet puisse être connu, alors que 50 ou 500 personnes sont intéressées par ce genre d’outil ailleurs que dans mon entourage.

    Mes amis sont des amis pas des sources de financement. J’aime bien qu’ils me regardent autrement que comme le mec qui vient les taper pour avoir du blé pour un projet auquel ils ne croient pas «mais tu comprends on va quand même lui donner quelque chose, ça va lui faire plaisir et il nous fichera la paix».

    Evidemment, la pub Google ou FB est plus simple et plus ciblée.

  9. Mila dit :

    Bonjour stefang7 et PhiKa,

    Tout d’abord, les conditions de financement d’un projet fonctionne selon votre réseau car les plateformes sont des outils. C’est ce qui a été relevé dans l’article. Après, il n’est pas obligatoire de passer par la case « famille et amis » si vous avez déjà un réseau bien développé et engagé sur votre projet.

    C’est juste une notion de base, car en général, ce sont vos premiers fans, ceux qui vous suivent depuis longtemps, qui ont envie d’apporter leur grain de sable.

    C’est un constat qui est établi par de nombreuses plateformes, les cercles de financement, c’est en pratique ce qui se fait. Pour autant, chaque projet est différent et toute théorie comporte des exceptions, comme par exemple les projets ciblés dans divers domaines spécifiques (jeux vidéos, logiciels, etc.)

    Concernant le site américain, la collecte commencera toujours grâce au réseau du porteur de projet, et ce, même si ce n’est pas la famille ni les amis. Comme les mêmes gros sites américains vous conseilleront de faire d’abord appel à votre réseau. Pour créer du buzz, il faut lancer ce buzz, et qui lancera ce buzz ? Ceux qui connaissent votre projet.

    Avez-vous financé des projets qui avaient déjà décollé ou des projets qui en étaient au tout début de leurs collectes ?

    D’après nos analyses, les internautes externes au projet arrive une fois le projet déjà bien lancé… Et non pas quand ce même projet est à 0 €. Il ne faut donc pas les attendre, mais déjà se lancer.

    Le taux de réussite des projets aux Etats-Unis tourne autour de 40%. C’est donc une preuve qu’il ne faut pas tout attendre de cet outil, mais qu’il y a également un travail du côté du porteur de projet à effectuer.

    La plateforme joue un rôle dans votre collecte, elle vous fournit un outil, elle vous permet de communiquer différemment, de vous faire connaître, mais elle ne vous permettra pas de financer votre projet à elle seule.

    Bien sûr qu’Octopousse a ses supers poulpes généreux qui consultent régulièrement le site et financent des projets, mais cela n’empêche que si le projet n’est pas convaincant ou travaillé, cela ne remplira pas la jauge.

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